mardi 18 octobre 2011

Pourquoi les prépas, ça pue

Ah la fac. Lieu d'études supérieures. Ou pas, enfin ça dépend des gens. En général quand on dit qu'on est en fac (ça peut être de n'importe quoi, de psycho, de maths, même de pokémons si vous voulez), on est traité de feignant. Vrai que d'un côté c'est pas tout à fait faux quand on en voit la plupart. Petite explication.

Parce que faire des titres pour découper et organiser son sujet, c'est cool. Sauf quand les titres sont trop longs. C'est vrai que c'est lourd, nan?


Bon, j'arrive dans l'immense campus de ma fac. Déjà, on est choqués par la taille du truc. Je viens pourtant d'un lycée assez grand, et là... Fin bref, ça on s'en branle. On marche jusqu'à son amphi. Et c'est le drame... Non on ne voit pas de magnifiques amphithéâtres comme dans certaines séries amerloques. Non non. Bah déjà, la première fois, j'ai eu du mal à trouver les tables, faut dire qu'elles sont bien planquées sous les graphitis. Enfin bref, je m'assois, dans mon petit pré-carré. Petit, c'est le mot. On est parqués à 300 dans un petit local, comme si on était du bétail. Quand j'entends certains candidats à la présendentielle dire "L'éducation est notre priorité!", bah même avec le PIB des USA, de l'ex-URSS et de la Chine, on aura pas assez de fonds pour réhabiliter tout ça. 'Fin bref. Un immense projecteur dans la salle, pour... Projeter (VOUS VOUS Y ATTENDIEZ PAS HEIN ?!?!?) le cours au tableau. Jusque là rien d'anormal. Mis à part le fait d'être dans un amphi blindé, m'enfin bon. Ca c'est que le premier jour.
Deuxième jour, cours en amphi... Euh what? Comment ça on est plus que 150? Ah ouais, j'avais oublié de dire. Les cours sont facultatifs. Et on nous le fait bien comprendre d'ailleurs "Non mais que vous réussissez ou pas, nous le corps professoral, on s'en fout complètement.". Motivant, n'est-il pas? Ok, ils disent ça pour essayer de responsabiliser les élèves. Mais s'ils sont pas responsables à 18 ans (pour la plupart, j'en ai 17, mais plein d'autres en ont 19), ils ont rien à foutre en études supérieures. En résumé, les locaux sont pas géniaux (même si le site est super, faut avouer), et la réussite des élèves, on en a rien à carrer. Vive l'éducation Nationale!
Ah ouais, dernier point à propos des fac. Comme vous le savez (ou pas), faut un doctorat pour devenir prof à la fac. Mais ce que vous ne savez peut être pas (ou toujours pas), c'est qu'il faut en gros montrer son CV aux responsables du recrutement, et prier pour être pris. Sauf que, dans l'immense majorité des cas, les profs se recrutent entre eux, par connaissance. Je suis pas qualifié, mais je connais X qui lui l'est, hop j'ai le poste! Ah la méritocratie, fondement de notre République... Emouvant hein.
Mais face à cette infection que représente la fac (à juste titre pour plusieurs raisons d'ailleurs), heureusement, il y a (FINDUS!) les classes préparatoires!

ET voilà ENFIN le vrai sujet de mon petit article. Ouais, vous avez lu ce qui précédait pour rien. c'con hein?


Bon là, c'est autant dans la forme que dans le fond que y a matière à débat (ou troll, pour les intimes). Pour ceux qui ne connaitraient pas, les classes préparatoires sont des classes qui ont pour but de préparer les élèves à préparer les grandes écoles. Bon ok, jusque là, rien à dire. Bon dans les faits, un élève sur 5 accède à ce qu'il vise, en ayant travaillé jusqu'à 60h/semaine. Parce que oui, (et heureusement on est prévenu avant d'y rentrer), vous mettez votre vie en stand-by pendant vos deux années (trois généralement). si le résultat était au rendez-vous, pourquoi pas. Mais souvent non. Mais à quoi servent-elles, au juste? A former des... ELITES!
Ah les élites. Ceux qui gouvernent, occupent les postes les plus importants. Les hauts gradés, le sommet de la hiérarchie, enfin bref, appelez ça comme vous le voulez. Donc les CPGE servent à former des élites. Pourquoi pas, après tout, il en faut. C'pas vraiment ça qui me révulse. Ce qui me révulse, c'est le fait qu'on fasse passer lesdites prépas comme moyen d'illustrer "l'ascenceur social". POUAAAAAAH. De la démagogie dans toute sa splendeur. Oui l'ascenseur social est une légende urbaine, qui persiste parmi tant d'autres. Pour illustrer mes propos, un petit article: http://www.scienceshumaines.com/l-education-un-ascenseur-social_fr_24404.html ).
Selon Bourdieu (Pierre de son petit nom, sociologue réputé), on peut constater dans nos sociétés occidentales ce que l'on pourrait nommer une "hérédité des classes". En gros, si on est fils d'un ouvrier, on a toutes les chances de finir comme Papa. Vous ne voyez pas le lien avec les prépa? Bah pour faire prépa, faut déjà avoir une culture personnelle assez haute, ne nous cachons pas. Culture inhérente au contexte socio-culturel de sa famille. Difficile de parler de Picasso à Maman qui rentre du boulot à 20h, éreintée par une journée harassante. De plus, on constate une nouvelle habitude, une nouvelle coutume dans l'éducation actuelle. Pour faire face aux déficits de professeurs, de plus en plus de gens ont recours aux profs particuliers. Et le fait est que c'est un luxe qui n'est pas donné à tout le monde. Autrement dit, le principe même de la prépa est biaisé, car se reposant sur des fondations bancales. Ascenceur social? Pffff...

Et la fin de mon truc avec des titres débiles!


J'ai quand même du mal avec ceux qui arrivent à se vanter de faire telle ou telle prépa. J'tiens quand même à leur préciser que Jean-Paul Sartre (que je présenterai pas. Allez cherchez bande de mauvais, google est votre ami) a fait l'école normale supérieure, et a fini major de sa promo. Non c'était pas une burne en effet. Et il a annoncé, pour résumer, que les grandes écoles étaient pourries jusqu'à la moelle. Bizarrement, il me semble assez bien placé pour critiquer.

Que vous faisiez prépa, fac, iut, CAP fleuriste ou BEP Cosmonaute (what?), faites ce qui vous plait, mais ne choisissez pas telle ou telle voix en fonction de sa "position sociale", ou de "la fac ça craint". Les deux sont au moins aussi critiquables l'un que l'autre.

Rédigé par Kanamori.

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